Le 28 novembre prochain, Antoine Lemasson, chercheur en physique nucléaire au GANIL, recevra la médaille de bronze du CNRS qui récompense le premier travail d'un chercheur, qui fait de lui un spécialiste de talent dans son domaine.

Sonder les propriétés des noyaux qui ne survivent que quelques instants après leur synthèse lors des collisions nucléaires : voilà l’objet des recherches d’Antoine Lemasson, physicien expérimentateur au Grand Accélérateur National d’Ions Lourds (GANIL) de Caen. L’étude de ces noyaux éphémères permet de révéler certaines composantes de la force nucléaire difficilement observables dans les noyaux stables qui existent sur Terre. Avec ses confères, Antoine Lemasson met en œuvre des combinaisons uniques de grands instruments comme les spectromètres VAMOS (Variable Mode Spectrometer) et AGATA (Advanced Gamma-ray Tracking Array). Objectifs : identifier les noyaux exotiques, présentant un fort déséquilibre entre le nombre de protons et de neutrons, puis les caractériser grâce aux photons émis lors de leur désexcitation.

Pour identifier les noyaux d’intérêt parmi la multitude de noyaux produits en laboratoire, Antoine a contribué au développement de méthodes expérimentales sélectives et performantes. Elles se sont révélées cruciales pour étudier les réactions de fusion induites par des noyaux riches en neutrons et déduire des caractéristiques de l’effet tunnel à l’échelle du femtomètre (10-15 mètre). Elles permettent également d’explorer la grande diversité d’organisation des protons et neutrons dans le noyau, comme des variations de densité au sein du noyau ou à des déformations extrêmes.

Antoine Lemasson
Antoine Lemasson, lauréat de la médaille de Bronze 2018 du CNRS
 

Outre ses recherches personnelles, Antoine participe à l’accueil scientifique des expériences menées par des équipes de recherche nationales et internationales au GANIL.